Les Enfants Intellectuellement Précoces EIP, Témoignages et ressources

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Tout a commencé avec une conférence fin janvier 2015 "Accompagner l'enfant précoce vers la voie de l'épanouissement, c'est possible !", en présence de Pascale DERRIEN, Référente de l'académie de Créteil pour les élèves intellectuellement précoces, de Véronique DUPONT Psychologue clinicienne, Cathy BAYER Présidente AFEP Centre – Membre de la commission académique EIP du Loiret (Association Française pour les Enfants Précoces).


L'Uléa a alors appris que cela concernait 3 parents que nous connaissons très bien, nous ne savions pas à quel point les parents et enseignants sont démunis devant la détection des ces Haut Potentiels, et à quel point le décrochage scolaire est fréquent! 

Lire ici l'entretien d'un membre de la commission ministérielle sur les élèves intellectuellement précoces à l'Education nationale, Alain Salzemann, qui éclaire les raisons pour lesquelles certains enfants précoces se retrouvent en grande souffrance scolaire!


Sur le site de l'Académie de Créteil, voilà comment le sujet est abordé pour mieux dépister ces enfants :
" Si vous, enseignant, vous pensez...
Voilà un élève qui polémique et pose des questions sans arrêt !
Qu’il écrit mal, que ses cahiers sont mal tenus !
Il croit tout savoir…
Son attitude est toujours en opposition avec mes méthodes et je sens mon autorité contestée.
Il n’écoute pas, son esprit est ailleurs..."

 

Cela nous a intrigué.

D'abord, nous avons compilé les documents ressources fournies par les conférenciers, que vous trouverez ci-joints et qui permettent de comprendre qu'il faut une vigilance particulière car ces enfants peuvent connaître l'échec scolaire.  

Plaquette Académique sur la scolarisation des EIP

Memorendum précocité intellectuelle (AFEP)

http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com, Ce blog est une mine d'or d'infos sur le sujet.
Auteurs spécialistes : Jeanne Siaud-Fachin et Olivier Revol (auquel la conférence à fait beaucoup référence notamment sur les différents types d'HP (Haut Potentiel).
Associations : AFEP et l'ANPEIP.

Ecoutons ces 3 parents nous dire ce qui, à leurs yeux, caractérise leurs enfants, ces témoignages ne peuvent pas être utilisés pour généraliser, mais ils sont néanmoins intéressants et sont à lire en parallèle des ressources sur le sujet, dont celles fournies par les spécialistes de cette conférence. Merci à ces trois Parents, préoccupons-nous de les écouter et de les encourager car la vie avec des zèbres, ce n'est pas évident!

 

(1 couleur par parent)

-Bébé, elle avait un regard scrutateur (j'avais l'impression qu'elle passait au rayon X tous mes faits et gestes) ça ok. Et je rajouterais que ces bébés sont très toniques (mes 3 enfants tenaient leur tête dès la naissance). Pareil, bébé très curieux.

- Elle dormait très peu (et seulement dans le noir et le silence total. La moindre distraction appelait la curiosité excessive). Ce n’était pas flagrant pour les 3 à la naissance (l’ainé ne dormait pas bébé, les deux autres ont fait leurs nuits très vite). En revanche, ensuite, de 2 ans jusqu’à 8/9 ans pour mes deux ainés (j’espère que le petit qui a 6 ans suivra le même rythme), ils dorment très peu (s’endorment vers 23h, alors qu’ils sont couchés à 20H30 et debout à 6h même le week end!

Mes deux étaient très différents, la grande dormait plus mais en décalé, le petit ne supportait pas que je sois loin de lui. Ma fille aime dormir le matin, mon fils pendant longtemps était debout à 6/7h maxi,la première fois qu'il s'est réveillé à 8h30 j'ai cru qu'il était malade, cette année il est plus fatigué.

- Elle avait une empathie débordante (pour les copains de la crèche; elle pleurait quand ils pleuraient...). J’ai du mal à juger, je dois l’être trop pour trouver ça particulier.

Mes 2 enfants sont très empathiques, le garçon plus que la fille, je pense que j'étais comme ça à leur âge. Mon fils s'est mis à pleurer dans la rue parce qu'il a vu un sdf devant la boulangerie, je lui demande ce qu'il a car cette personne nous la voyons fréquemment, et bien ce jour là il faisait froid et mon fils était triste que ce monsieur dorme dans la rue par ce froid.

- Elle a rejeté les règles de l'école dés la PS (elle sortait de classe spontanément, ou rentrait dessiner pendant la récréation) Là, je ne le dirais pas de cette façon. Tout dépend du caractère de l’enfant et… De la maitresse! Mon ainé et mon dernier sont davantage dans la séduction et obtiennent des dérogations aux règles sans entrer en conflit. Ce n’était pas le cas du cadet. Mais le fait est qu’on ne leur fait pas faire des choses qu’ils jugent stupides ou inutiles.

Mes 2 aiment l'école et suivent les règles, ils respectent leur enseignant. Ma fille a besoin que sa maitresse l'aime et fera tout pour ça, travaille bien sage en classe, calin.... Comme j'ai peur que ça se passe mal pour mon fils, je préviens la maitresse en début d'année afin qu'elle fasse attention à lui et il en profite, il est charmeur pas du tout dans le conflit.

 

- Beaucoup d'angoisses (qui se manifestaient pas des maux de ventres)J’ai du mal à juger, comme pour l’empathie, je dois l’être trop pour trouver ça particulier (mais bon, avoir un enfant qui fait un malaise vagal avant de partir à Valmorel, ça doit être particulier!!)

Il avait mal au ventre toute l'année dernière, après son passage en CE1. Les 2 angoissent regulièrement. 

- Elle est dotée d'une mémoire atypique(elle a gardé jusqu'à 4 ans, des souvenirs de ses 18 mois)Mon premier souvenir date de mes 9 mois, mon petit dernier me raconte encore régulièrement des choses qu’il a vécu à 1 an. Je viens de demander à mon ainé, il me dit se souvenir du déménagement que l’on a fait quand il avait 2 ans. Le cadet n’est pas là, faudrait que je lui demande! ;)

Ils ont tout les 2 une superbe mémoire, retiennent très vite, par contre pour les souvenirs, ils ne remontent pas si petit .

- Elle n'a jamais tâtonné dans ses apprentissages (la marche ou la parole)Ce n’est pas si tranché que ça pour mes 3 zèbres. L’ainé était très en avance :debout et à 4 pattes à 4 mois, marche totale à 9 mois, le second a marché tard, mais visiblement, ça ne l’intéressait pas, le troisième était dans la norme pour la marche, donc pour ça, je pense que ça dépend davantage du caractère propre. Pour la parole, en revanche, ils ont parlé très tôt et avec un langage très précis.

2 enfants totalement différents :

Ma fille marche en se tenant à 6 mois, a rampé après et marche totale à 12. Pour la parole elle a commencé très tôt, et parlait couramment avec aussi des mots précis .

Mon fils, à 6 mois il filait à 4 pattes, à 10 mois marche totale et il escaladait tout ce qu'il pouvait. Pour la parole, il a commencé par des doublons de syllabes et le jour ou il a parlé c'était tout de suite de vrais phrases, très précises.  

- vers 3/4 ans, elle rapportait tout à la mort ("ça sert à rien de grandir car on finit toujours par mourir" "après mardi, mercredi et puis jeudi et ainsi de suite et après on meurt…")Idem pas chez nous

- Vers 5 ans: son "obsession" est devenu la naissance, le cycle de vie généralement...et au sens médical (pas d'image possible pour s'éloigner du concret, vidéos à l'appui de naissance d'animaux en tous genres)Non, là, ça les a intéressé au même niveau qu’un autre sujet. Mais le fait est qu’ils peuvent s’intéresser à des sujets avec passion et précision (mon cadet fait le tour d’un sujet et passe à un autre, mon ainé est passionné d’astronomie et de physique depuis ses deux ans…) Seul mon fils se passionne de sujets, en fait le tour et passe à autre chose.

- Elle continue de couper la parole sans cesse (car si elle ne dit pas immédiatement ce qu'elle pense, elle le perd car ça va trop vite dans sa tête)Ah! Ah! Venez filmer nos repas à la maison, on tient 4 conversations en même temps, en se coupant la parole et en sautant du coq à l’âne. le coq à l’âne, ça c’est typiquement zèbre! Exemple d’une conversation avec mon dernier dans le métro: « le métro, arrivé au terminus, il repart dans l’autre sens? Oui, c’est comme tout! Ah, non! Pas comme la vie, parce qu’à la fin, on meurt. Mais quand tu seras morte, maman, ne t’inquiète pas, je te trouverais un cimetière sympa. mais au fait, c’est comment à l’intérieur d’une tombe? Et pourquoi je parle de tombe? Ah oui! A cause du métro! » ;)

oui c'est insupportable de couper la parole comme ça par contre je ne les laisse pas, je trouve que c'est un manque de politesse, donc je peux dire qu'ils n'oublient pas ce qu'ils avaient à dire. J'arrive à faire plusieurs choses à la fois et mes enfants aussi, dans ce sens le cerveau travaille vite.

- Elle passe au crible toutes les failles du système (éducatif, économique, parental…)+ intolérance totale à l'injustice même chose.

- Il est impossible de lui imposer quelque chose si elle n'en a pas compris le sens et si elle ne se l'est pas approprié comme choix personnel.Disons qu’ils ont besoin de comprendre le sens de ce qu’ils font (cette année, par exemple, j’ai dû expliquer le théorème de pythagore à mon ainé pour qu'il comprenne l’intérêt de son cours sur les triangles rectangles en 6ème) Besoin de comprendre le pourquoi, à quoi ça sert d'appendre une leçon puisqu'elle est déjà comprise. 

- Elle joue beaucoup sur les subtilités du langage ("ce n'est pas parce que je n'écoute pas en classe, que je n'entends pas...") et tout ce que l'adulte dit, peut être retenu contre lui. Ce n’est pas nécessairement un jeu. C’est aussi une précision de langage et un manque de compréhension des implicites sociaux. Ils peuvent s’en amuser aussi, mais ce n’est pas un jeu à la base.

Exemple: mon fils a été puni en classe l’autre jour parce que la maitresse de CP leur demandait de lire et ils continuaient à faire du bruit. Elle a crié « Silence! Qui peut lire dans le bruit? » et mon petit a levé fièrement le doigt parce que lui arrive très bien à lire dans le bruit. Or, la question de la maitresse avait un implicite qui était censé être clair: « personne ne peut lire dans le bruit », donc elle l’a puni parce qu’elle a cru à de la provocation. Lui, il a simplement répondu à la question!

Il faut en effet toujours être précis dans les termes, une chose toute simple : quand je lui dis ça fait 10 fois que je répète il me dis non juste 2, on pourrait prendre cela pour de l'insolence, mais ce n'en est pas.

- Elle a beaucoup de mal à se faire aimer des adultes (des maîtresses) à qui elle donne des leçons (on comprend). Elle n'est pas du tout dans la séduction avec l'adulte. Elle est comme elle est mais ressent comme une injustice qu'on ne l'aime pas pour cela. Là, je ne pense pas que ce soit une généralité. Mon ainé teste l’adulte, s’il répond bien au test, il est hyper agréable et coopératif (sinon, il se bloque et au mieux ne parle plus! Et il est capable de faire face à son instit qui se trompe!). Le second a beaucoup souffert à l’école donc avec les maitresses, c’est difficile, mais en dehors de l’école, il parle aux adultes d’égal à égal. Mon dernier est énormément dans la séduction (d’ailleurs, c’est un grand manipulateur qui va raconter des tas d’histoires aux adultes… Comme le fait que sa maman le gave de gouter et est très étonné quand l’adulte est défaillant. Mais les trois voient clairement les failles des adultes.

chez nous tout est dans la séduction, mon fils peut parfois quand même dépasser les bornes. 

ex:  la maitresse le gronde et il se  retient de rigoler (il fait aussi ça avec moi).

Il a eu la très grande chance de tomber sur des enseignants très prévenants et à l'écoute, qui dédramatisent et nous ont aidé à ne pas trop stresser. Je n'ai pas du tout la même expérience que d'autres, tout s'est passé sans aucune réticence des enseignants.

 

- En relisant, je me dis qu’il y a une part d’ombre que l’on n’a pas abordé, c’est le faux self que se créent souvent ces enfants pour paraitre normal. Par exemple, en moyenne section, la maitresse de mon cadet leur faisait faire un cahier du bonhomme où on était censé voir l’évolution du graphisme de l’enfant tout au long de l’année. Mon fils y faisait des bonshommes têtards comme les autres enfants, alors qu’à la maison et chez le psychologue, il faisait des bonshommes très complets avec des bras, des jambes, des mains, des doigts, des yeux, un nez, des oreilles, etc… Il tentait donc de faire comme les autres à l’école. En ce qui concerne mon dernier, qui a su lire, seul, en cours de grande section, j’ai voulu le faire lire cet été, histoire qu’il maitrise totalement la lecture à la rentrée et puisse sauter une classe. Mais il a refusé en me disant « Non, il ne faut pas que je lise maintenant, c’est en CP qu’on apprend à lire ». Donc idem, il s’est interdit de lire pour être comme les autres.

Il y a donc une réelle volonté, voire souffrance, à vouloir être comme les autres, quitte à se rogner les ailes, contrairement à l’image que l’on a des surdoués prétentieux qui veulent être au-dessus du lot. Et c’est un réel travail d’équilibriste pour les parents, les enseignants et les psy (scolaires ou non) de trouver le juste milieu entre le désir de normalité de l’enfant et son besoin de « nourritures cérébrales »… Et si on ajoute à ça la maturité affective qui ne va pas nécessairement de pair avec la maturité intellectuelle, ça devient très compliqué!!!

 

 

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