Vis Ma Vie de Parent d'Elève, Mon Premier Conseil d’École

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Qu'est-ce qu'on échange au sein des écoles, d'une école à l'autre! C'est irréversible, incompressible et accessible à tous:).
Des échanges magnifiques, dont certains nous touchent particulièrement, en voilà un, à faire tourner, virevolter. Pfuit.....Bureau de l'Uléa

Vis ma vie de parent d’élève

Mon premier conseil d’école (ou pourquoi même les poux, c’est de la politique !)

Après des élections mouvementées, beaucoup de réunions, de mises sous pli interminables et autres activités réjouissantes et gourmandes en énergie du (futur) représentant de parents d’élève en début d’année, nous y voilà. Je suis élue, et en tant que telle invitée au conseil d’école.

J’ai entendu des rumeurs mais j’ai hâte de voir de mes propres yeux comment ça se passe. 
Première surprise, à la maternelle, c’est très très calme (trop ?). Les thèmes défilent. Personne n’intervient, ni les parents d’élèves ni les enseignants. Seul le directeur et les représentants de la municipalité ou de la Ligue prennent la parole. Si le premier donne des informations intéressantes sur la vie de l’école, les seconds sont des experts du langage technocratique et de la langue de bois qui m’insupportent tant. Pourtant, je ronge mon frein, même quand on aborde des sujets qui fâchent. Je ne suis que suppléante, je ne suis pas censée donner mon avis.

Et puis là, soudain, je n’en peux plus (j’avoue : je ne peux pas résister, il faut toujours que je la ramène), j’ouvre ma grande bouche sur un sujet qui pourtant ne me tient pas plus à cœur qu’un autre : LES POUX. Tout ça pour dire que sur un site, j’ai lu une proposition : si tous les parents examinaient la tête de leurs enfants à la recherche de ces bestioles le vendredi soir afin de profiter du WE pour les traiter, les petits reviendraient à l’école le crâne libre de tout parasite et ne se recontamineraient pas les uns les autres. Pour le coup, ça a fait rire l’assemblée : l’idée de passer son vendredi soir le nez collé sur le cuir chevelu de leur chérubin ne semble séduire ni enseignants ni parents. Mais j’insiste, c’est un sujet hautement politique (arrêtez donc de ricaner !) : c’est proposer de coordonner nos actions de parents pour trouver une réponse pratique à un problème commun. C’est prendre à bras le corps un problème de la cité. Bref, c’est de la politique.

Blague à part, j’ai découvert en enchaînant les deux conseils d’école, maternel et élémentaire, que OUI, ON Y FAIT DE LA POLITIQUE. Au sens premier du terme. On se réunit pour discuter de la vie de l’école, donc de la vie de la cité.
D’ailleurs, ce mot est revenu plusieurs fois dans les échanges : faut-il le supprimer ou non du règlement intérieur de l’école (dans le contexte « interdiction d’arborer un signe d’appartenance religieuse ou politique ») ? A-t-on le droit d’en faire au sein du conseil (en citant le nom d’un ancien ministre de l’éducation ou en le traitant de nom d’oiseaux) ? Doit-on ou non éviter le « politiquement correct » (et dire franchement ce qu’on pense de la réforme dudit ministre) ?
Pas de doute.

Aux accusations qui nous étaient faites, à nous membres de différentes associations et listes de parents d’élèves d’être politisés, je répondais au mois de septembre : « Grand dieu, non ! Pas du tout ! Qu’ils viennent à nos réunions, on ne fait JAMAIS de politique ! On ne parle que des enfants, de l’école, de l’éducation ! »
Eh bien, j’avais tout faux : si on parle d’éducation, on fait de la politique, forcément.
Même quand on parle des poux ou de la kermesse (est-elle un passage obligatoire de l’année ? qui doit l’organiser ? les parents ? les enseignants ? Pour qui ? Pour quoi ?).

Les parents d’élèves font de la politique, voilà ce que j’ai appris lors des ces deux premiers conseils d’école.
Et ils peuvent en être fiers.
Ce n’est pas un gros mot.

On ne parle pas là de « politique politicienne », comme le veut l’expression à la mode, ou de « politique partisane », il ne s’agit pas de convaincre, de manipuler, de parler d’une seule voix. Il ne s’agit pas de récolter des voix. Il s’agit au contraire d’échanger des idées, de faire entendre sa voix, de trouver des solutions, de proposer des actions pour le bien commun de la cité.
Quand les hommes et femmes politiques passent beaucoup de temps à faire uniquement de la communication, les parents d’élèves font, eux, de la vraie politique.

Je comprends pourquoi alors si peu d’enseignants osent prendre la parole en conseil d’école, effarouchés par ce mythique « devoir de réserve ». Je comprends aussi pourquoi les procès verbaux censés rendre compte des débats sont vides, secs et ne rendent compte de rien. Parce que tout ce qui se dit en conseil d’école (le peu qui se dit), c’est politique. Et ça fait peur.
Pourtant ça ne devrait pas. « Politique » n’est pas un gros mot. C’est un beau mot.
Car il faut bien l’avouer, j’étais un peu déçue. Moi qui me faisais une joie de participer à ce conseil, de pouvoir enfin échanger des idées, parler de projets avec les enseignants, les directeurs, les autres parents, la municipalité… j’ai parlé de poux et je suis restée sur ma faim.

Politique vient du grec ancien "politikos" : "qui concerne les citoyens, la vie de la Cité (polis)" ;-)

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